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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 08:57
Charles de Gaulle : Quand les expertises soulèvent de nouvelles hypothèses

Le Charles de Gaulle peu avant son retour à Toulon
crédits : MARINE NATIONALE


31/03/2009

Le porte-avions Charles de Gaulle est toujours immobilisé à quai, dans la base navale de Toulon. Le 13 mars, alors que la marine confirmait que le navire souffrait de problèmes sur son appareil propulsif, un délai de deux semaines était avancé pour connaître le résultat des expertises. Deux semaines plus tard, aucun résultat n'est encore communiqué. « Les pistes qui ont été étudiées n'amènent pas à des conclusions mais à de nouvelles hypothèses, pour lesquelles il faut faire de nouvelles analyses. Les équipes travaillent sur le navire et nous espérons avoir des précisions dans les jours qui viennent », indiquait-on, hier, de source militaire.
Le chef d'Etat-major de la marine a décidé de suspendre le programme d'activité à la mer du Charles de Gaulle suite à l'usure de deux pièces mécaniques d'entraînement des lignes d'arbres. Après avoir constaté des vibrations anormales dans les compartiments machines, l'examen de l'appareil propulsif avait révélé que deux pièces d'accouplement reliant deux des quatre turbines à leurs lignes d'arbres étaient anormalement usées.
Les réparations, qui seront entreprises après le résultat des expertises, devraient prendre plusieurs semaines, si ce n'est plusieurs mois.


(© MARINE NATIONALE)
Par christian basselin - Publié dans : aemefcpv17 - Communauté : Poitou-Charentes
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 10:32

Un conte de Noël sur le Contre torpilleur VERDUN

 

LE HOMARD ET LES PLAIDEURS (Piécette en un acte)

 

C 'était en 1937 en pleine guerre d'Espagne.

  

 

On était au repos au quai Noël à Toulon, cette nuit là, équipage restreint, bordée de service.

 

 

 

  

On avait invité l'officier de garde, officier torpilleur Paul Chalmain.

Le poste 4 était était aménagé comme on avait pu avec les moyens du bord, en petit théâtre.

 

 

 

  

Quelle belle nuit en plus de la pièce on avait de bons chanteurs, chants de Noël et profanes bien sûr. Il ne manquait que le champagne et la bûche, on a fait avec.

 

Le lendemain l'officier de garde nous envoyait ses sincères remerciements pour cette nuit de Noël.

 

 

  

Ce fût un instant de fraternité entre hommes loin de chez eux , de toutes les régions.

Noël est vraiment magique.

C'est un petit instant de ma vie.

 

Georges BRICOUT

Né le 04/06/1918

16, route de la Rive

85690 NOTRE DAME DE MONTS

 

 

Par christian basselin - Publié dans : aemefcpv17 - Communauté : Poitou-Charentes
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 09:19
Comment devenir marin ?


crédits : JEAN-LOUIS VENNE


27/03/2009

Peu de Français imaginent le nombre de métiers qui s'offrent aux femmes et hommes qui souhaitent rejoindre la Marine nationale. Pas moins d'une dizaine de grands domaines d'activités, liées à des emplois en mer comme à terre, est proposée aux futurs marins, avec ou sans diplômes. Selon les capacités et les voeux de chacun, la Marine nationale offre des formations où se révèlent des talents insoupçonnés par les intéressés eux-mêmes. D'autant que les programmes des écoles de la Marine Nationale sont fondés sur l'acquisition de savoirs débouchant sur des applications concrètes. Rencontrer un marin dans un centre d'information et de recrutement de la Marine Nationale, c'est souvent changer de regard sur soi-même et son avenir ! Et, une fois sélectionné puis intégré, les possibilité d'évolutions, en terme de grades comme de responsabilités, sont encouragées par des concours internes et la formation.

L'information

Bienvenue à bord ! Dans 35 villes de France, on peut trouver un Centre d'information et de recrutement des forces armées (CIRFA) - Marine Nationale. Ces centres travaillent en relation avec les lycées, facultés, IUT et les collèges, missions locales d'insertion ou organismes privés. Et, bien sûr, les ANPE. Les CIRFA, qui reçoivent aussi des jeunes venus les consulter de leur propre initiative, participent très activement aux forums de l'emploi organisés dans les régions.
Le CIRFA est donc la porte d'entrée de la Marine Nationale. L'endroit est un nid d'infos pour des jeunes qui découvrent un univers aux mille et un métiers. Ici, on les informe, on les questionne sur leurs motivations, leurs aspirations, leur âge et leur niveau scolaire. En fonction de cela et avec l'aide des marins recruteurs, ils choisissent un métier dans la Marine. De quoi proposer à ces jeunes d'ouvrir un dossier de candidature reposant sur un bilan clair et objectif. Mais le rôle principal des hommes et des femmes qui animent les CIRFA est surtout de communiquer leur enthousiasme, leur passion pour leurs missions et les réalités de leur choix de vie : car dialoguer avec un marin, c'est bien plus que parler métier !

La sélection

Un entretien avec un recruteur, une visite médicale et un test mené par un psychologue apportent différents éclairages sur la motivation, la santé et la personnalité du candidat. L'ensemble du dossier sera ensuite transmis à Paris, où sera décidé des suites données à la candidature. Pour certains métiers (fusiliers marins, pilotes, marins-pompiers de Marseille, plongeurs...), des tests complémentaires sont exigés. Pour tous les types d'engagement, les candidats doivent être de nationalité française, avoir effectué leur Journée d'Appel et de Préparation à la Défense (JAPD), être physiquement et médicalement apte au métier choisi et savoir nager.

DEVENIR MATELOT DE LA FLOTTE

Les matelots de la flotte tiennent, en mer comme à terre, des fonctions d'opérateur au sein des équipages de la Marine.

Conditions pour postuler :

- Avoir plus de 17 ans à moins de 25 ans,
- Posséder un niveau allant de la 3ème au Bac.

Les métiers proposés aux matelots de la flotte sont nombreux :

- Matelot Machine (maintenance et fonctionnement des moteurs)
- Matelot Maintenance aéronautique (préparation et maintenance des aéronefs)
- Matelot Opérations navales (radars, sonars et navigation)
- Matelot Restauration (gestion, cuisine, service)
- Matelot Pompier (prévention et sécurité des personnes et du matériel)
- Matelot Fusilier Marin (surveillance et sécurité des unités de la Marine)
- Matelot Pont (conduite nautique du navire)
- Matelot Pont d'envol (préparation et mise en place des aéronefs à bord des bâtiments)
- Matelot Bureautique (soutien administratif et informatique de la Marine)

Après quelques années d'expérience réussie, ils peuvent se spécialiser dans un domaine et évoluer en emploi et en responsabilités. Ceux qui ne seront pas devenus officiers mariniers - possibilité largement ouverte tout au long de l'engagement - verront leur contrat de matelot de la Flotte prolongé jusqu'à 9 années. Ceux qui quitteront la Marine bénéficieront d'un accompagnement professionnel pour les aider à se reconvertir.

DEVENIR OFFICIER MARINIER (Sous-officier dans les autres armées)

Au coeur des équipages dont ils assument les premières responsabilités, entre les matelots et les officiers, les officiers mariniers constituent l'ossature de la Marine. Ils garantissent au quotidien l'efficacité opérationnelle de toutes les unités. Leurs compétences s'exercent dans une trentaine de métiers variés qui couvrent les opérations navales, la maintenance technique ou le soutien. Mais ils sont avant tout des marins qui développent tout au long de leur carrière leurs aptitudes de techniciens et de cadres.

Conditions pour postuler :

- Avoir plus de 18 ans à moins de 25 ans,
- Posséder un niveau allant du Bac à Bac+3.

Le jeune engagé commence son parcours dans la Marine par une formation initiale de cinq mois à l'Ecole de Maistrance, à Brest. Au programme : formation maritime, militaire, sportive et de sécurité, sciences humaines et management. Puis il rejoint une école de « spécialité » pour y suivre une formation de technicien de 2 à 9 mois adaptée au métier qu'il a choisi. A l'issue de cette formation, les officiers mariniers possèdent les compétences nécessaires pour rejoindre leur première affectation. Et ce n'est que le début d'une carrière où, au fil de leurs affectations successives, ils gravissent les échelons de responsabilités de plus en plus importantes. Là encore, des passerelles existent pour ceux qui voudront devenir officier, via un concours ou sur dossier.

DEVENIR OFFICIER

A la fois professionnel de la mer, spécialiste de son domaine d'activité et militaire, l'officier de Marine tient des fonctions de soient affectés à des fonctions de commandement, de management et d'expertise à bord des navires ou des sous-marins, dans l'aéronautique navale, les forces spéciales ou dans les états-majors.

Différents types de contrats sont proposés pour devenir officier :

1. Officier de carrière

Les conditions d'accès sont les suivantes :

Recrutement sur concours :

- Avoir moins de 22 ans au 1er janvier de l'année du concours,
- Etre issu des classes préparatoires scientifiques MP, MC et PSI.

Recrutement sur titres :

- Avoir moins de 25 ans,
- Etre diplômé d'un Bac +4 ou +5,
- Etre sélectionné sur dossier, avec épreuves écrites, orales, sportives et entretiens.

Les voies d'accès à l'Ecole navale, grande école militaire et d'ingénieur, peuvent différer :

- Un concours d'entrée en 1ère année d'Ecole navale (élèves issus de classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques) et 4 ans de scolarité concrétisés par un diplôme d'ingénieur.
- Un recrutement sur titres directement en deuxième année de l'Ecole Navale (élèves de formation scientifique) conduit à l'obtention d'un diplôme d'ingénieur.
- Un recrutement sur titres en 3ème année de l'Ecole navale (élèves de niveau Bac+5 issus de tous types de formation).

2. Officier sous contrat

Jeune diplômé formé en université ou en écoles, l'officier sous contrat vit dans la marine une première expérience professionnelle valorisante. Selon le métier choisi, il suivra une formation d'une durée de 1 à 9 mois à l'Ecole Navale. Son parcours débute par un premier contrat d'une durée de 3 à 10 ans qui peut être renouvelé.

Officier sous contrat « Opérations navales » :

Conditions pour postuler :

- Avoir plus de 21 ans à moins de 27 ans,
- Posséder un diplôme homologué de niveau II ou I (Bac+3 à Bac+5) ou classes préparatoires avec une admissibilité aux grandes écoles d'ingénieur et de commerce.
- Avoir présenté un dossier satisfaisant et passé avec succès la présélection, les tests psychotechniques et un entretien avec un jury,

A bord des bâtiments, les métiers proposés sont variés : responsable de la navigation et des opérations maritimes, ingénieur mécanicien, responsable de la préparation des missions aériennes, ingénieur du contrôle de la navigation aérienne.

Officier sous contrat « Etat-major » :

Conditions pour postuler :

- Avoir plus de 21 ans à moins de 30 ans au 1er janvier de l'année de recrutement, - Etre diplômé d'un Bac+4 ou Bac+5,
- Avoir présenté un dossier satisfaisant et passé avec succès des entretiens.

L'officier sous contrat « état-major » peut être employé dans les domaines du contrôle de gestion, de la qualité, des relations internationales, des ressources humaines, de la communication, de l'informatique, ou de l'enseignement.

LES AUTRES « VOIES MARITIMES »

1- Le volontariat

Conditions pour postuler :

- Avoir plus de 17 ans à moins de 26 ans,
- Niveau 3ème à BAC + 5 et plus.

La Marine propose des stages rémunérés d'une année destinés aux 17- 26 ans. Perspective : une expérience inoubliable et valorisante sur les mers du globe. Leur nom est à la hauteur de la beauté de leur projet, les « volontaires » Un projet qui commence par la traditionnelle formation initiale élémentaire de quelques semaines (formation maritime, militaire, sportive et de sécurité), puis pour les volontaires « équipages » (du niveau 3ème au Bac+2), une formation complémentaire courte liée au métier choisi. Puis, l'aventure commence dans l'unité pour laquelle ils vont travailler. Pour les volontaires équipage (de la 3ème au Bac+2), 4 métiers possibles :

- Opération et navigation : opérateur « manoeuvrier », conduite de navire.
- Sécurité/Logistique : opérateur machine (conduite de la propulsion et de la production d'énergie), opérateur soutien logistique.
- Équipage : opérateur service général (gestion, entretien, secrétariat...)
- Vivres : gérant de collectivité (cuisine, service en salle, commis aux vivres). Pour les volontaires officiers aspirants (du Bac+2 au Bac +5 et plus), les métiers proposés sont nombreux : chef de quart, chargé des ressources humaines, informaticien, psychologue, fusilier marin, chargé de communication...

2 - L'École des mousses

Conditions pour postuler :

- Être de nationalité française,
- Avoir de 16 à moins de 18 ans le 1er septembre de l'année d'entrée,
- Être médicalement et physiquement apte,
- Avoir un niveau scolaire de classe de troisième ou seconde,
- Avoir l'accord parental (sauf pour les mineurs émancipés),
- Savoir nager.

Dès septembre prochain, la Marine nationale ouvre une école de formation initiale élémentaire des mousses. Elle se trouvera au Centre d'Instruction Naval (CIN) de Brest. Chaque année 150 jeunes, filles et garçons, en sortiront après avoir acquis en un temps record (une année scolaire) une compétence et un métier dans la Marine Nationale, en adhérant aux valeurs-clés des marins. Au programme : découverte du milieu maritime, formation militaire, maritime, sportive et de sécurité, consolidation des acquis scolaires. Une formation fondée sur le concret qui a de quoi réconcilier certains jeunes avec l'enseignement. Récompense de leur effort : un Brevet Élémentaire de mousse. A l'issue de la formation, ils signent un premier contrat de 4 ans comme matelot de la Flotte dans les domaines des opérations navales, de la conduite du navire, de la mécanique, de la protection et sécurité, de la maintenance aéronautique.
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(© MARINE - NATIONALE)
Par christian basselin - Publié dans : aemefcpv17 - Communauté : Poitou-Charentes
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 09:06
Les aspects maritimes du Livre Blanc, par l'amiral Forissier

L'amiral Forissier, chef d'état-major de la marine
crédits : MARINE NATIONALE


20/03/2009

Nous vous proposons aujourd'hui un texte très intéressant, rédigé par le chef d'état-major de la Marine nationale. L'amiral Pierre-François Forissier a écrit ces lignes pour la revue britannique du Royal United Service Institute, paru le mois dernier. Le CEMM y décrit les aspects maritimes du récent Livre Blanc sur la Défense et examine le besoin d'accroitre la coopération entre les marines occidentales, notamment en ce qui concerne la Royal Navy et la Marine nationale.
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Par l'amiral Pierre-François Forissier

Avec l'espace et le monde de l'information virtuelle, le milieu maritime offre l'un des trois derniers domaines de liberté sur lequel s'appuie la mondialisation. La libre utilisation des espaces marins constitue un élément clé du développement des nations qui, pour commercer et prospérer, ont besoin de la mer. L'Europe prend progressivement conscience de cet enjeu, alors que près de 90% du commerce extra communautaire sont assurés par voie maritime.

Possédant le deuxième espace maritime mondial réparti sur tous les océans, la France ne peut que s'ouvrir vers le large. Car le destin de notre pays, comme celui de nos voisins, est intimement lié à la liberté et à la sécurité des voies de communication maritimes : elles sont les poumons de notre économie par où transitent 99% des approvisionnements pétroliers français. Notre siège au Conseil de sécurité nous impose d'autre part de contribuer activement à la préservation du « patrimoine commun de l'humanité ». Cette situation crée un faisceau d'intérêts convergents entre la France et la Grande Bretagne, pays qui partagent une histoire maritime commune tumultueuse par le passé et que rapprochent leurs marines à vocation océanique. Nos deux pays ont affirmé depuis à la déclaration de Saint-Malo en 1998 leur volonté d'être moteurs en Europe de la construction de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Ils poursuivent dans cette ligne avec la mise en oeuvre de l'opération Atalanta en Océan Indien.

Le Livre blanc vient de préciser la politique de défense et de sécurité nationale de la France. Par rapport à son prédécesseur de 1994, son approche intégrée de ces deux fonctions régaliennes permet de mieux prendre en compte le fait maritime qui, par essence, est global avant de le décliner au sein de chaque fonction stratégique.

Dissuasion

L'opacité des espaces sous-marins, y compris à l'égard des satellites d'observation, en fait le domaine privilégié de la dissuasion. Par leur discrétion et la portée de leurs armes, les sous-marins permettent une dissuasion tous azimuts, en tous temps et en tous lieux. Le groupe aéronaval participe également à la dissuasion avec ses avions de combat équipés de l'arme nucléaire. Mettant en oeuvre 85% des têtes nucléaires françaises, la marine reste l'acteur majeur de la dissuasion, comme l'a rappelé le Président de la République à Cherbourg lors du lancement du sous-marin nucléaire lanceur d'engins « Le Terrible » en mars 2008.

Connaissance et anticipation

Face aux incertitudes du monde, le Livre blanc a institué en nouvelle fonction stratégique à part entière : « la connaissance et l'anticipation ». Il est en effet vital pour nos décideurs de disposer d'éléments d'appréciation pour choisir. Si l'importance des capteurs spatiaux est à juste titre soulignée ; les forces navales y contribuent également de manière très significative. Elles sont des supports privilégiés du renseignement, avec la capacité d'observer les flux maritimes et de suivre les activités de toutes sortes, licites comme illicites, en mer.

Exploitant la liberté de circulation, les navires militaires peuvent effectuer des missions de présence et de renseignement de longue durée à proximité des zones de crises, sans accord diplomatique ni conséquence politique particulière. Certaines opérations de renseignement ne peuvent être mises en oeuvre que depuis la mer par des moyens discrets, tels les sous-marins nucléaires d'attaque. Enfin tant en mer qu'à terre, les aéronefs de patrouille maritime et les commandos marine sont des outils de renseignement performants.

Prévention

Avec l'augmentation du trafic maritime et la logique des flux tendus, une interruption de nos approvisionnements et de ceux des autres membres de l'Union Européenne pourrait affecter directement et de façon brutale nos intérêts stratégiques, voire vitaux. Dans le cadre de la prévention, le Livre blanc prend en compte la nécessité d'être présent sur les routes maritimes principales et d'aller combattre les trafics au loin, près de leurs sources.

Le Livre blanc définit ainsi un axe prioritaire de concentration de nos efforts de l'Atlantique à l'Océan Indien avec des extensions possibles vers l'Asie. Cet arc de crise est construit de part et d'autre de la route maritime principale par laquelle arrive en Europe la majeure partie de nos approvisionnements. Les actes de piraterie au large de la Somalie confirment, s'il en était besoin, la justesse de cette analyse stratégique.

Le bien fondé de notre permanence navale en océan Indien depuis plusieurs décennies est également conforté. La coopération opérationnelle avec les Britanniques s'approfondit, notamment avec des participations croisées lors de déploiements de Task Force française ou britannique dans cette région du monde.

Protection

La « protection » au quotidien de la population et du territoire français est au coeur de la stratégie de défense et de sécurité. La marine a développé depuis plusieurs années le concept de sauvegarde maritime, qui recouvre les opérations menées par la marine dans :
- la lutte contre les menaces utilisant la mer à des fins illicites (narcotrafic, piraterie, terrorisme, transport illicite de migrants,...)
- la défense de nos droits souverains en mer (protection de l'environnement marin, des ressources halieutiques et pélagiques,...)
- la maîtrise des risques liés aux activités maritimes (assistance en mer, pollution,...)

Dans ces opérations, les moyens de la marine interviennent en complément de ceux des autres administrations. Sous la coordination du Premier ministre au travers du Secrétariat général de la mer, des préfets maritimes ou des délégués du gouvernement outre-mer, la coopération entre plusieurs ministères (justice, intérieur, immigration, défense,...) permet de travailler sans cloisonnement tout en limitant la multiplication des moyens navals et aéronautiques. L'efficacité de cette approche, assimilable à une « fonction garde côtes » interministérielle, suscite d'ailleurs l'intérêt soutenu de nos voisins européens.

Intervention

Lorsque les actions de prévention n'ont pas permis d'éviter la montée en puissance d'une crise engageant nos intérêts, l'intervention est alors nécessaire. Celle-ci, le plus souvent interarmées, sera de plus en plus fréquemment menée en coalition.

L'action en mer ou à partir de la mer vers la terre varie suivant la phase d'engagement. En phase initiale, il pourra s'agir de maintenir dans la durée une menace crédible, de conduire un embargo voire un blocus. Puis, en fonction de l'intensité de la crise, il sera possible de mener soit des attaques aériennes à partir du porte-avions, soit de mettre à terre discrètement des forces entraînées aux opérations spéciales, soit d'effectuer des tirs de missiles de croisière naval (MDCN) à partir de sous-marins ou de frégates. Il pourra aussi être nécessaire d'évacuer des ressortissants ou de débarquer des troupes. A ce titre, l'arrivée des deux Bâtiments de projection et de commandement Mistral et Tonnerre a renforcé très sensiblement nos capacités de projection de forces terrestres. Par la suite, l'action à partir de la mer consistera surtout en un soutien logistique, technique ou hospitalier des opérations aéroterrestres.

Les engagements réguliers du groupe aéronaval dans le nord de l'océan Indien, depuis 2001, s'inscrivent dans le cadre de cette projection de puissance sur un théâtre d'opérations. En ce domaine, le report de la décision de lancement du PA2 à 2011-2012 sera mis à profit pour approfondir les études relatives au choix de la propulsion.

La réussite de toutes ces missions passe préalablement par la maîtrise locale des espaces maritimes. La suprématie sur mer du monde occidental est remise en cause par de nombreux Etats qui se dotent de marines hauturières et modernes pour affirmer leur puissance.

Qualité - quantité

Il demeure indispensable de poursuivre le renouvellement de nos capacités navales de haute mer, dont l'âge moyen est de 21 ans. La modernisation de nos moyens de combat hauturiers, avec les frégates européennes multi-missions (FREMM) et les sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire de la classe Suffren, permettra de satisfaire les contrats opérationnels de dissuasion, de prévention et d'intervention. Dans un monde où les risques de guerre sur mer conventionnelle ont diminué, l'émergence de nouvelles puissances navales, dotées de composante aéronautique ou sous-marine, nécessite de conserver en quantité et en qualité des moyens performants de lutte permettant de maîtriser les situations.

La diminution globale du nombre de frégates n'offrira plus, en revanche, la possibilité d'employer également celles-ci en sauvegarde maritime, quand cette mission peut être nominalement assurée par de simples moyens hauturiers. Pour répondre aux besoins croissants liés à la protection, soit près du tiers des activités de la marine, le développement de patrouilleurs de haute mer, peu sophistiqués, mais comprenant des moyens d'information et d'intervention, tel un hélicoptère ou un drone embarqué, est fondamental.

D'une manière générale, la réduction du nombre de plates-formes devra être compensée par une efficacité accrue de celles disponibles, que ce soit en termes de disponibilité et de jours de mer, de rayon d'action,... La maîtrise de leurs coûts de fonctionnement devra s'appuyer sur la standardisation, les améliorations technologiques et des améliorations de nature organique.

Coopération

Autant de sujets pour lesquels une coopération navale franco-britannique est opportune, les objectifs et les contraintes étant globalement du même ordre des deux côtés de la Manche. Cette coopération pourrait être renforcée par l'extension à d'autres pays européens intéressés par le développement d'un véritable volet de réflexion capacitaire maritime commune, en s'appuyant notamment sur l'Agence européenne de défense. Dans les faits, cette coopération existe déjà aujourd'hui. Ainsi, les initiatives amphibie et aéronavale européennes sont en grande partie portées par la France et le Royaume Uni. Il est également important de renforcer notre connaissance mutuelle au travers d'une politique d'échanges, de formations et d'entraînement communs. L'Erasmus militaire constitue à ce titre une voie intéressante.

Conclusion

Le Livre blanc a conforté la marine nationale dans ses missions militaires et son caractère océanique. Maintenant que le cap est fixé, la prochaine loi de programmation militaire et celles qui suivront vont traduire concrètement ce niveau d'ambition. La prise en compte des missions liées à la sécurité constitue à ce titre un enjeu important. En effet, elle conditionne la capacité de la marine à répondre aux demandes accrues d'intervention en mer ordonnées par l'Etat qui s'inscrivent dans les besoins légitimes de sécurité de nos concitoyens. En ce domaine, la coopération franco-britannique en Manche constitue une réponse intéressante.

Si le projet commun de porte-avions n'a encore pu aboutir, nous constatons, année après année, combien le destin de nos deux marines, française et britannique, est de plus en plus lié. De part et d'autre de la Manche, nous regardons l'avenir avec des intérêts de plus en plus partagés. Aujourd'hui, en confiant le commandement de la première opération navale européenne Atalanta de lutte contre la piraterie à un amiral britannique assisté d'un amiral français, notre coopération franchit un nouveau pas qui en appellera d'autres dans les années à venir.
Par christian basselin - Publié dans : aemefcpv17 - Communauté : Poitou-Charentes
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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 16:30
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